Crust
Un article de Wikimetal.
AVERTISSEMENT: Le Crust n'est pas un sous-genre du Metal, ce qui explique la présence d'une définition du genre dans le lexique, sans qu'il y'ait pour autant de catégorie propre au Crust. C'est parce qu'il s'agit d'un genre qui emprunte aussi au Metal et parce qu'il s'agit d'un genre très lié au Grindcore, que nous avons jugés bon, par souci d'exhaustivité, de créer cette page. Seuls les groupes ayant quelque chose de très proche avec le metal (comme Amebix par exemple, qui est aussi un groupe de Doom Metal), bénéficient de la création d'une page sur le site, les groupes trop "punks" n'ont cependant pas leur place sur le site.
Le Crust, aussi appelé Crustcore ou Crust Punk (voire parfois Crust Metal, même si cela est plus rare) est un genre musical apparu au début des années 80, principalement en Angleterre, avant de se développer dans le monde entier, notamment aux Etats-Unis, en Amérique du Sud mais surtout au Japon et en Scandinavie où il est encore aujourd’hui très populaire. Il s’agit chronologiquement parlant de l’un des premiers avatars de « crossover », autrement dit un mélange de punk et de metal. C’est un descendant direct de la vague anarcho-punk anglaise, il en emprunte une bonne partie de ses codes vestimentaires, visuels et surtout dans les thèmes abordés. Toutefois, de par ses influences tirant également vers le speed ou le power metal (car le Crust apparaît un peu avant le thrash), et de par des caractéristiques musicales telles qu’un chant éructé ou des saturations de guitares très élevées, le Crust peut indubitablement être rapproché du metal extrême, beaucoup de punks le considèrent d’ailleurs comme étant plus proche du metal que du punk. Peu connu des métalleux, le Crust a pourtant été d’une importance cruciale dans le développement du Grind, et dans une moindre mesure, du Death Metal.
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Historique
Prélude – Conditions d’apparitions
Le crust apparaît à un passage chaotique dans l’évolution du rock au début des années 80, en pleine tourmente post-punk. Plusieurs genres musicaux apparaissent à la suite du punk ou, à l’instar du metal ou du ska, se voient modifiés par l’arrivée de nouveaux codes, de nouvelles contraintes ou caractéristiques musicales. Le crust découle de plusieurs genres musicaux : le post-punk aux frontières de l’indus proposé par Killing Joke est une influence majeure, de même que les ambiances sombres et tendues de Joy Division ou Death In June. Mais les influences principales sur le plan musical sont clairement à dominante extrême, partagées entre le Metal et le Hardcore. En terme de Metal, le Crust est influencé par des groupes « sombres » ou résolument violents et rapides (pour l’époque), tels que Black Sabbath, Judas Priest, Motörhead, Venom, Saxon ou encore Accept, à noter que la seconde vague de Crust sera plus influencée par le Thrash et notamment par Hellhammer/Celtic Frost ou Coroner. L’autre grande influence, comme pour la plupart des genres émergeants à l’époque, reste le punk, à forte dominance Hardcore. Même si Black Flag, les Dead Kennedy’s ou Negative Approach sont souvent cités, il est plus souvent question du D-Beat, frange dure du Punk’s Not Dead anglais, représenté par Discharge, The Varukers, Chaos UK ou Disorder (qui seront tous deux considérés comme des « parrains » de la scène : Disorder seront très proches d’Amebix tandis que Chaos UK feront de nombreux concerts avec de jeunes groupes Crust/Grind tels que Antisect, Napalm Death, Extreme Noise Terror, etc…).
Cependant, un autre élément à prendre en compte, et pas des moindres, est celui de l’appartenance à la frange politique radicale du Punk’s Not Dead : l’anarcho-punk. Crass, Conflict, Poison Girls ou Subhumans n’ont rien de véritablement extrême dans leur son, très punk old school/post punk, mais ils symbolisent bien l’état d’esprit des futurs crusties, qui reprendront la plupart des codes de l’anarcho-punk, mais en y ajoutant une touche nettement plus sombre et nihiliste. Deux groupes en particulier vont symboliser le lien entre cette frange anarchiste et le crust à proprement parler : Amebix et Antisect. C’est avec ces deux groupes que commence réellement le mouvement Crust.
Les années 80
Un groupe de jeunes punks squatters originaires du Devon, Amebix, nourris au Heavy Metal et au Post-Punk et férus de légendes moyenâgeuses, va, sans le savoir, presque tout inventer du Crust originel : ils ont un look particulièrement glauque et crasseux, même pour des punks anglais, leur logo « épineux » et leur iconographie médiévale morbide mêlée à des photos très crues de cadavres ou de destruction choque. Le propos n’a rien à voir avec les habituels appels à la révolte du punk : les textes sont noirs, plus nihilistes que tout ce qui s’est fait (encore aujourd’hui, des groupes comme Neurosis reconnaissent l’influence de ces textes sur les leurs), le tout étant servi par une musique particulièrement sombre. Le « baron » Rob Miller éructe ses textes, les guitares sont noyées sous une saturation particulièrement grésillante (cela étant dû au fait que, à l’instar de Lemmy Kilmister de Motörhead dont il est fan, le baron se serve de sa basse comme d’une guitare, jouant en power chord), tandis que la batterie sonne comme un canon : certains morceaux sont uniquement composés de roulements de toms, le tout étant accompagné d’un clavier ne délivrant parfois qu’une poignée de notes parfois prolongées sur tout le morceau, tels le Drone. Après avoir sorti deux EP aux sonorités post-punk dans une frange très proche de Killing Joke (« No Sanctuary » et « Winter »), le groupe sort deux albums au son unique, qui définissent la frange la plus sombre du Crust, « Arise » en 1984 et « Monolith » en 1987, qui seront au Crust ce que pouvait être « De Misteriis Dom Satanas » au Black Metal : de véritables pierres angulaires.
Peu de temps après la sortie de « Arise », un groupe anarcho-punk relativement confidentiel et dont le line-up n’a de cesse de changer va surprendre son monde. Jouant un mélange relativement classique de punk à la Conflict et de D-Beat inspiré par Discharge, Antisect sort « Out From The Void ». Les deux morceaux du 45 tours impressionnent, et rapidement, le single se retrouve en tête des charts indépendants anglais. Le son, très influencé par Amebix a considérablement changé : très lourd, ultra-saturé et aux textes sauvages et nihilistes, « Out From The Void » semble être la paire de morceaux qui symbolisent le mieux le Crustcore anglais. Antisect ne parviendra cependant jamais à dépasser (ni même à égaler) un tel succès, et ils tomberont bien vite dans l’oubli le plus total.
Le crust n’en est qu’à ses balbutiements qu’il intéresse déjà d’autres styles musicaux très proches : le groupe de doom/thrash metal Sacrilege, composé d’anciens Varukers (et qui contient également un futur membre de Cathedral), va écrire quelques morceaux, tels que « Stark Reality » ou « Flight of The Nazgul » très influencés par Antisect (avec qui ils feront d’ailleurs un split). Sacrilege va avoir une autre influence notable sur la suite du mouvement, mais pas au même degré : le frontman est une chanteuse (Lynda « Tam » Simpson) et, contrairement à d’autres chanteuses punk ou metal, elle ne joue aucunement de son physique à des fins « commerciales » ; de nombreuses femmes, habillées, coiffées et tatouées comme les hommes vont intégrer des groupes crust, illustrant bien les principes d’égalité prônés par le mouvement tout entier, comme le faisaient déjà Crass ou les Poison Girls quelques années plus tôt. A noter également les groupes D-Beat/Anarcho-Punk Anti-System et DIRT (qui sera quelques années plus tard rejoint par des membres d’Extreme Noise Terror), qui, outre des thématiques de paroles et des visuels directement inspirés de Amebix ou Antisect, incluront quelques morceaux aux sonorités Crust.
Le crust, même s’il n’est pas encore reconnu comme mouvement en tant que tel, trouve déjà un certain écho auprès de la scène punk/thrash en vogue en cette première moitié des années 80. En Suède, les groupes de D-Beat Anti-Cimex ou MOB-47 incorporent des éléments de Crust à leur univers, au Japon, G.I.S.M. opère parfois le même genre d’incursions.
Le mouvement manque encore pourtant de personnalité (à l’époque il n’a même pas encore de nom) et d’effectifs. Les renforts arrivent une fois de plus d’Angleterre, par le biais de groupes comme Deviated Instinct, Hellbastard, Axegrinder ou Energetic Krusher. Tous sont très inspirés d’Amebix, jusqu’au look et aux logos, et pourtant chacun parvient à conserver une certaine personnalité : Hellbastard et Energetic Krusher ont clairement subis l’influence de Slayer ou Exodus, Axegrinder injecte des sonorités à la Saint Vitus au son d’Amebix, tandis que Deviated Instinct semble plus inspiré par les sonorités glauques du thrash européen de Celtic Frost ou Sodom. Un débat, récurrent aujourd’hui entre amateurs du genre consiste à savoir qui de Deviated Instinct ou Hellbastard a le premier trouvé le nom donné au Crust. Les membres de Deviated Instinct se disent inventeurs du terme, mais celui-ci n’apparaît nulle part, alors que Hellbastard sortent en 1986 une démo portant le titre « Ripper Crust ». Reconnaissons tout de même que Deviated Instinct sont les inventeurs du terme Stenchcore (hardcore fétide, sur la démo « Terminal Filth Stenchcore » 1987), employé un cours instant avant le terme Crust, et qui définit aujourd’hui toute cette première vague Crust.
Malgré un certain succès auprès des amateurs de musiques extrêmes, le genre parvient difficilement à émerger : Amebix splitte peu après la sortie de « Monolith », Antisect ne tarde pas à suivre, et les difficultés financières rencontrées par les musiciens (beaucoup sont sans domicile fixe et squattent, tels Scruff, chanteur de Hellbastard, ou les frères Miller de Amebix, compagnons d’infortune de Disorder) rendent l’épanouissement du Crust difficile. Mais un phénomène nouveau va le remettre d’aplomb à partir de la deuxième moitié des années 80. Toute une vague de nouveaux groupes anglais apparaît, tous à forte personnalité. Ils sont très inspirés du Crust, mais sont également friands de Powerviolence, de Thrash Metal (principalement allemand) ou de musique indus. Leurs noms : Extreme Noise Terror, Napalm Death, Sore Throat, Doom (UK), Electro Hippies ou encore Heresy. Ces groupes sont à l’avant-garde d’un nouveau genre qui s’ignore encore. Mais, hormis Heresy qui s’inspire très nettement de la culture punk américaine, la plupart de ses groupes sont Crust dans l’âme, et leur musique est encore très proche du Crust : le blast n’est pas encore de rigueur, et même les membres de Napalm Death, avec leurs dreadlocks et leurs vestes à patches semblent suivre ce mode de vie. Mais à cette époque, c’est encore le terme « Britcore » qui est utilisé pour décrire le mouvement hardcore qui sévit en Angleterre, jusqu’à ce que Mick Harris, batteur dans Napalm Death et Extreme Noise Terror n’inventent « Grindcore » qui sied aujourd’hui à cette branche, l’une des dernières dérivée du Punk Rock. Toutefois, si ces groupes annoncent une ère nouvelle pour le Punk anglais, le Grindcore annonce également la fin de certains aspects de la musique extrême : le Grind enterre littéralement tout ce qui s’était fait en terme de rock extrême : la course effrénée vers toujours plus de vitesse dans le rock prend fin, le Metal, qui semble obsolète devant tant d’extrémisme est désormais contraint d’inclure les Blast Beats ou les voix growlées pour rester dans la course au plus extrême, il y opposera des ambiances plus travaillées et des morceaux plus techniques (car le Grind est une musique qui se veut très minimaliste), à travers le Death Metal, héritier direct du genre, et le Black Metal, qui existait déjà dans les années 80, mais qui du coup, changera considérablement de visage.
Le Crust assimile difficilement le nouveau contexte et semble moribond, la vague stench disparaît car désormais l’Angleterre vibre au son du Grind. Le genre va pourtant trouver de nombreux adeptes notamment aux Etats-Unis ou en Scandinavie, où il va trouver un second souffle intéressant, incorporant plus d’éléments Grind ou Thrash, et cultivant une image moins tournée vers le punk et davantage vers le metal, à l’orée d’une nouvelle décennie. Les groupes anglais n’ont cependant pas dit leur dernier mot. En fait, un très grand nombre de groupes de Grind anglais vont garder une attache musicale avec le crust. Des groupes comme Extreme Noise Terror, Heresy, Doom, Electro Hippies, Ripcord, les belges de Hiatus et les Bostoniens de Disrupt se posent rapidement en maîtres étalons du Crustgrind. L’Amérique n’est d’ailleurs pas en reste. Antischism, Destroy et surtout un jeune groupe de San Francisco, Neurosis vont représenter le prélude de la nouvelle vague de groupes crust américain, qui va s’épanouir tout au long des années 90.
Les années 90
En effet vont en effet rapidement apparaître comme un vivier de groupes proposant de nouvelles sonorités, qui vont considérablement moderniser le Crust : le Stenchcore anglais était fasciné par les légendes médiévales les plus glauques et les récits des combats des guerres actuelles, le Crust américain sera lui beaucoup plus centré sur des thématiques urbaines et sera plus ouvertement pacifiste.
Le premier groupe important de cette vague se forme pourtant plus tôt que la moyenne, il s’agit des New Yorkais de Nausea. Les membres, anarchistes, étaient membres d’une communauté qui squattait des bâtiments dans le célèbre Lower-East Side, qui 9 ans plus tôt, avait vu naître le punk rock dans les clubs mythiques que sont restés le CBGB’s ou le Max’s City Kansas. Le groupe, qui propose un line-up avec une chanteuse, Amy Miret, et le chanteur Neil Robinson, n’est encore à ses débuts qu’un simple groupe de Punk/Hardcore dans la veine New-yorkaise qui est alors en plein succès. Mais, après le départ de Neil Robinson en 1988, le groupe commence à expérimenter des sonorités beaucoup plus sombres, fascinés par les groupes Stench qui ravagent l’underground anglais, alors que Al Long est intégré en remplacement. Les paroles de Nausea illustrent bien le malaise de la jeunesse américaine dans les années Reagan, dans un contexte de Guerre Froide tendu. Le groupe parle également des problèmes de l’écologie, des droits animaux, de Christianisme, des droits des femmes et des possibilités d’extinction de l’espèce humaine. Le son de Nausea était totalement unique, car il flirtait avec toutes sortes de genres musicaux comme les habituels Heavy Metal et D-Beat, mais aussi avec le Noise Rock, le Sludge et même le Reggae. Le groupe parvint à atteindre un degré de popularité très importante pour un groupe Crust, en participant notamment aux fameux concerts « Rock against Racism », alors très populaires à New York. Le groupe se sépara en 1992, la plupart des membres stoppèrent leur activité musicale, le bassiste John John Jesse devint un artiste peintre, tandis que le batteur Roy Mayorga continua sa carrière musicale pour devenir aujourd’hui l’un des batteurs les plus recherchés dans sa catégorie musicale, puisqu’il a joué notamment avec Soulfly, Sepultura, Shelter, Stone Sour, avant d’effectuer un retour aux sources en intégrant Amebix pour leur reformation.
C’est la même année que va se former le groupe reconnu comme étant le plus emblématique de cette nouvelle vague : Aus-Rotten (du verbe allemand= « exterminer »), groupe de Pittsburgh, Pennsylvanie. Aus-Rotten présentait des sonorités punk/hardcore mélangées à des riffs crust et thrash metal, rehaussés par l’ajout d’extraits radio, à la manière de Crass. Ils sont les auteurs de ce qui reste l’un des plus longs morceaux de crust, « …And Now, Back to our Programming », d’une durée de 15 minutes et 51 secondes, ce qui reste une performance dans le style que peu de groupes, hormis Fall Of Efrafa, ont encore cherchés à égaler. Ils sont également très populaires pour leur engagement politique, perceptible à travers des morceaux tels que « Fuck Nazi Sympathy », « Vietnam War is back » ou « Tuesday May 3, 1993 ». Il faut ajouter (ce qui constitue un fait non négligeable) que les membres de Aus-Rotten vivaient leur engagement au quotidien : le groupe comportait un femme et vivait dans un squat, tout comme la plupart des autres groupes oeuvrant dans le style aux USA. Le groupe eut d’ailleurs une longue carrière, car ils ne se sont séparés qu’en 2001, après 9 ans de carrière.
Non loin de là, dans le Connecticut, un autre groupe fait beaucoup de bruit : The Pist. The Pist sont eux aussi très populaires dans le monde du Crust et de l’Anarcho-Punk, cela étant dû à une carrière aussi courte qu’intense : entre 1992 et 1996, le groupe effectue pas moins de 4 tournées à travers les USA aux cotés de groupes Punk populaires tels que Capitalist Casualties, Blank 77, The Bouncing Souls, Los Crudos et bien sur Aus-Rotten, pour répandre la bonne parole du Crust. Le groupe s’est depuis récemment reformé pour continuer à donner de nombreux concerts et pour fêter la réédition de leurs anciens enregistrements.
A Minneapolis, ville Hardcore par excellence qui impressionne par le nombre et le talent de ses groupes (rappelons que c’est la ville de Hüsker Dü, sans doutes l’un des rares groupes hardcore a avoir vendu plusieurs centaines de milliers d’album), une scène très importante se développe également, autour du label Profane Existence, qui rassemble des groupes aussi emblématiques que Destroy ou Misery, auteurs de plusieurs EPs devenus cultes, comme le « Next Time/Midnight », célèbre pour sa pochette, notamment dans le milieu des années 90. Profane Existence est encore à ce jour l’un des plus importants label Crust qui soit, à en juger par son catalogue aussi épais que complet. Slap-A-Ham Records proposent quand à eux des groupes comme Man Is The Bastard ou Dropdead qui mélangent Crust et Grind/Powerviolence.
En Europe, c’est la Suède qui occupe le devant de la scène, avec une pléthore de groupe D-Beat aussi brutaux dans la musique que Rock’n’roll dans l’imagerie, car la particularité du Crust suédois est d’apporter des éléments Grindcore et Hard rock à sa musique. Les chefs de file du mouvement restent Disfear, qui illustre parfaitement cet héritage, le groupe parvient à obtenir un succès critique et populaire intéressant, surtout après que Tomas Lindberg, célèbre chanteur de At The Gates, et qui oeuvrait à ce moment là dans Skitsystem, autres maître étalon du Crust suédois les ait rejoints. Notons également les groupes Driller Killer et Wolfbrigade (anciennement Wolfpack), formés suite à la séparation du groupe culte des années 80 Anti-Cimex ainsi que Kontrovers, Totalitär ou Perukers. L’Italie n’est pas en reste, avec des groupes tels que Berserk, Campus Sterminii, Disgusto, Dirty Power Game, Disprezzo, One Life Agony, Disfunzione, Il Disagio, Scum of Society ou encore Nagasaki Nightmare. Notons également la Belgique avec Hiatus et Nations of Fire, les croates de Patareni, la Finlande avec Forca Macabra, Tuomiopaivan Lapset, W.D.M. ou Unkind, la scène allemande avec Jeniger, Chronical Diarrhoea, Acid Rain Dance, Autoritar, Bombenallarm, Audio Kollaps, Keitzer, les célèbres Accion Mutante, ou encore les bruitiste Acme (rien à voir avec les français), Stack et Carol, les espagnols de Human Bastards, Denak ou Sin Dios. Notons tout de même Extinction of Mankind pour l’Angleterre, groupe récoltant l’unanimité dans la scène Crust, depuis leurs débuts en 1992 jusqu’à nos jours puisqu’ils sont toujours en activité.
Ailleurs dans le monde, le japon occupe une place de leader avec de très nombreux groupes flirtant souvent avec la variante locale de Hardcore américain, le Japcore. Le plus célèbre groupe de Crust japonais n’est autre que Disclose, trio de D-Beat dirigé par le fantasque guitariste Kawakami, décédé récemment d’une overdose. Le groupe proposait une version mutante du punk de Discharge, marquée par les hurlements de Kawakami qui utilisait un grand nombres de fuzzboxes différentes qui conférait au groupe le son strident et grésillant qui avait fait sa renommée. Notons également les groupes D.o.n.D.o.n, Disprove, Effigy, Iconoclast, Deathside, Hakuchi, Unholy Grave ou encore Accrostyx et Age, groupes perpétuant la tradition Stenchcore. L’Amérique du Sud est également une mine de groupes intéressants, tel l’incroyable Besthoven, groupe brésilien unique en son genre, qui mélange Crust et Gothique, notons également Abuso Sonoro, Revolte, Sick Terror pour le brésil, le groupe de Crustgrind Anarchus et Los Dolares pour le Mexique, ou encore les vénézuéliens de Apatia No.
Mais c’est encore aux Etats-Unis (au Texas précisément), que va se jouer l’avenir du genre.
Les groupes oeuvrant dans cette localité ont tous pour intérêt de proposer des sonorités nouvelles et particulières, inspirées du Sludge et du Death Metal, très populaire dans cette région des Etats-Unis, et qui ouvrent la voie à ce que l’on appelle la vague Néocrust, qui sévit actuellement.
Le southern crust, comporte de nombreux groupes, aussi divers que talentueux, tels que Deathreat, Copout, Call the Police, Sob Story, Man With Guns Lives Here, Drain The Sky, Face Down, Criminal Damage, I love a parade, et surtout His Hero His Gone.
Formé par les frères Todd et Paul Burdette, le groupe se forme en 1995 et se sépare en 1999.
Le son du groupe, très caractéristique proposait des guitares hyper saturées et des sonorités inspirées du Sludge et du Thrashcore, pour un résultat puissant qui rendait le groupe très efficace en concert.
L’autre groupe particulièrement emblématique du genre, n’est en fait absolument du sud des USA, les membres de (Union of) Uranus, dirigés par le charismatique Yannick Lorraine sont en fait canadiens (et même Québécois).
Groupe unique en son genre, Uranus proposait une musique particulièrement sombre et sauvage, ou spleen se mêlait avec brutalité, sur fond de terreur industrielle : non contents de devenir l’un des groupes les plus atypiques du Crust, Uranus, avec leur unique album « To this bearer of Truth » signe l’un des tous premiers albums d’un genre nouveau (et qui n’aura par la suite que peu de choses à voir avec le crust) : le Screamo.
Les séparations simultanées des deux groupes sonnent le glas du crust des années 90, avec la naissance d’un nouveau groupe formé par les frères Burdette et Lorraine : Tragedy.
Les années 2000 – Aujourd’hui
Fans du groupe japonais Disclose, les nouveaux compères décident de nommer leur nouveau groupe d’après un EP de la bande à Kawakami, et engagent le bassiste/chanteur du groupe From Ashes Rise (dont on n’a d’ailleurs pas fini de parler). Originellement basés à Memphis dans le Tennessee, ils ont depuis déménagés à Portland, dans l’Oregon. La musique de Tragedy est caractérisé par un son puissant, intense, sorte de mélange entre un Punk/Hardcore particulièrement brutal et des guitares Heavy Metal, qui, comme l’indique presque le nom du groupe ont une coloration sombre, tragique, et apocalyptique, avec en plus des passages ralentis très sombres qui rappellent parfois le Doom Metal. Sans trahir ses origines Hardcore, Tragedy n’a jamais cessé de faire évoluer sa musique vers des territoires sonores encore inconnus, tout comme la plupart des groupes de la scène de Portland (comme From Ashes Rise justement, ou encore Severed Head of State), il s’agit certainement de l’un des plus important groupes de Crust, et l’un des groupes de Hardcore actuels les plus influents, aux cotés des Dillinger Escape Plan, Converge ou Envy. Le groupe refuse cependant toute médiatisation : les interviews sont rares, les concerts ne sont pas courants et ne se déroulent que dans des petites salles, ils n’ont ni site Internet, ni myspace, tandis que les photos du groupes sont pratiquement inexistantes.
From Ashes Rise, World Burns To Death et Severed Head of State constituent les principaux autres groupes de la scène de Portland, tous deux évoluent dans des sonorités similaires à celle de Tragedy (normal puisque chacun des deux groupes compte un membre de Tragedy dans leurs rangs), même si les deux formations ont tout de même quelques particularités propres. Pour commencer, précisons que si From Ashes Rise a eu le temps de marquer la scène, ils se sont séparés en 2005. Ils n’auront pas le temps d’enregistrer plus d’un seul album, intitulé « Nightmares », mais cet album va considérablement marquer les esprits en proposant une musique brutale et épique, marque de fabrique du son de Portland. Le groupe éclate, mais le projet qui illustre le mieux son héritage reste Warcry. Severed Head of State se forme en 1999 et s’illustre rapidement à travers la sortie d’un grand nombre de 7 pouces, qui précèdent la sortie d’un premier album remarqué par la critique à sa sortie en 2003, intitulé « Anathema Device ». Le groupe reste en hiatus toute l’année 2006, en attendant que le chanteur Jack Control se remette d’une agression au couteau qui l’avait laissé entre la vie et la mort. En 2007 sort le nouvel album du groupe « Power Hazard », qui prouve que Severed Head of State est bien vivant que les membres du groupe tiennent à le faire savoir. Le son de SHOS se caractérise par une approche beaucoup plus « roots » du son crust, on reconnaît dans leur musique l’influence des groupes old school, tels que Motörhead, Poison Idea, GBH ou la scène Crust suédoise. Avec des membres de SHOS, Warcry ou From Ashes Rise, Wolrd Burns to Death proposent une musique brutale qui emprunte à la fois au coté old school de SHOS et à la brutalité rythmique de Totalitär. Ils sont très vite remarqués à la sortie de leur premier album « The Sucking of Missile Cook » qui reçoit les louanges du monde hardcore, et même de John Peel en 2002. Le groupe reste sur sa lancée, empilant tournées et enregistrements à vitesse constante, avec toujours le même succès.
Les années 2000 vont offrir un contexte politique propice à l’évolution des musiques contestataires notamment aux USA, après les évènements du 11 septembre 2001, puis l’envoi de troupes américaines en Irak. Behind Ennemy Lines, formé par des ex-membres de Aus-Rotten qui vient juste de splitter, vont se faire une spécialité de la critique du gouvernement Bush, ils vont d’ailleurs toucher à certains sujets de manière plus radicale que lors de l’époque Aus-Rotten, en fait, ils vont citer des évènements plus précis, plutôt que d’évoquer des vastes thèmes, les cas notables étant la torture dans la prison d’Abu Grahib, les mensonges ayant conduits à la guerre en Irak, ainsi que la passivité du gouvernement américain face aux désastres de l’ouragan Katrina. Dave Trenga, chanteur et parolier du groupe en viendra à écrire une série d’essais sur les sujets du genre. Ce qui retient surtout l’attention chez Behind Ennemy Lines, c’est surtout la particularité du son : brutal certes, mais surtout épique et aux pulsations guerrières, la production est lourde, massive et présente le Crust sous un jour nouveau, Behind Ennemy Lines présente le cas typique du groupe Crust des années 2000.
La séparation d’Aus-Rotten verra la création d’un autre groupe composé d’anciens membres : Caustic Christ. Malgré des difficultés à démarrer, dues à des changements constants de line-up (précisons au passage que le batteur originel, Ron Wingrove, qui compte toujours parmi les membres du groupe ne joue pas pour le moment, à cause de dommages cérébraux après un accident de voiture, qui l’empêchent actuellement de jouer), le groupe s’est bien vite affirmé comme l’autre groupe venant de Pittsburgh sur lequel il faut désormais compter, si l’on en croit les tournées à succès à travers le pays, aux cotés de Subhumans ou Municipal Waste. Le groupe Trap Them, basé à Salem dans le New Hampshire est également une valeur sûre du Crust américain. Trap Them expérimente un Crust unique basé sur un mélange entre le Crust de Tragedy, le Death Metal de Entombed et les expérimentations des Swans. Ils ont tournés avec The Ocean et Rotten Sound, et ils sont signés sur le label du chanteur de Converge Jason Bannon, Deathwitch Inc., et sont actuellement en train de préparer un split avec les vétérans Extreme Noise Terror. Notons également les groupes Kakistocracy, Provoked, Witch Hunt ou Appalachian Terror Unit, qui font perdurer l’héritage des Nausea, Anti-Product ou Aus-Rotten, ou encore The Helm dans un style plus Hardcore. Le groupe californien Dystopia est quand à lui connu pour son mélange des styles Sludge et Crust, associé à une image misanthrope qui les a rendus populaires dans les deux styles.
Le reste du monde n’a cependant rien à envier à la scène américaine.
Le Canada a Iskra, groupe né sur les cendres des célèbres Black Krondstadt qui expérimentaient le mélange du Crust et du Thrash sombre de Celtic Frost. Iskra va plus loin, en proposant cette fois ci une musique qu’ils qualifient eux même de « Blackened Crust » : le mélange de la violence glaciale du Black Metal avec la brutalité guerrière du Crust. Ils ne sont d’ailleurs pas les seuls à expérimenter ce mélange, puisque c’est cette recette qui a fait le succès du trio japonais Gallhammer, rappelant ainsi les liens entre deux courants nés dans le même chaudron. La Suède reste l’un des pays proposant le plus de groupes oeuvrant dans le style, avec les vieux monstres comme Disfear, Skitsystem, Driller Killer ou Wolfbrigade auquel viennent s’ajouter des jeunes groupes prometteurs comme Victims. Certains groupes émergent parfois de pays plus inattendus, tel Gasmask Terrör, groupe français à la popularité croissante, dans un pays pourtant frileux en matière de punk extrême, mais qui a vu la création de labels intéressants, tels Fight For Your Mind ou Symphony of Destruction. Notons aussi les australiens de Schifosi, qui présente un neocrust sombre et brutal, emprunt de mélancolie à la Tragedy, ou les allemands de Zuschanden.
L’Angleterre fait elle aussi son grand retour dans la scène, après une décennie 90 difficile pour le Punk/Metal extrême. Si Extinction Of Mankind sont devenus avec le temps la référence absolue en Crust anglais (si l’on ne considère que les groupes en activité), de nouveaux groupes sont apparus présentant des sonorités aussi nouvelles que passionnantes pour les néophytes. Le plus atypique des groupes anglais actuels est une obscure formation de Brighton, nommée Fall of Efrafa, en référence à l’œuvre de l’écrivain Richard Adams, « Watership Down », dont sont également tirés les thèmes des paroles du groupe. Là où la plupart des groupes Crust joue sur le coté rapide, court et intense de leur musique, FOE préfèrent s’inspirer des groupes Post –Rock comme Godspeed You ! Black Emperor ou Red Sparowes et propose une musique sombre, qui passe de longues plages atmosphériques à la furie du Crust dur à la Tragedy, où viennent se greffer des instruments comme la guitare acoustique ou le violoncelle. L’autre révélation Crust anglaise est en fait un label, FETO Records, monté par 2 freaks du metal extrême : Shane Embury de Napalm Death et Mick Kenney de Anaal Nathrakh. Outre la distribution de groupes comme Cripple Bastards, Lock Up, Venomous Concept pour le Grind, Ramesses pour le Sludge et bien évidemment Anaal Nathrakh, FETO distribue et produit aussi des groupes oeuvrant dans le Crust, comme Burning The Prospect et leur D-Beat Tragedien et surtout Mistress, qui pourrait bien devenir la prochaine référence anglaise, de par la particularité de leur son, sombre et brutal.
L’Espagne, terre Crust par excellence n’est pas non plus en reste, puisque de nombreux groupes talentueux et originaux sont nés ces dernières années dans les terres Ibériques. Nommons en premier lieu Ekkaia qui est probablement l’un des groupes Crust les plus reconnus de ces dernières années et qui constitue une bonne manière de découvrir la scène crust espagnole, caractérisée par des groupes comme Blünt, Madame Germen, Unsane Crisis, Leadershit, le super groupe Cop On Fire, Down To Agony, Bio Crisis ou encore Lies Feed The Machine. La plupart de ces groupes ont sus s’approprier avec talents les sonorités de Tragedy, His Hero Is Gone ou encore From Ashes Rise, tout en parvenant à y intégrer une personnalité propre à leur son, qui fait désormais de la scène espagnole l’une des plus respectées dans le style.
A la fin des années 2000, le Crust ne s’est jamais aussi porté. Enfin reconnu par toute la scène hardcore et par une bonne partie de la scène metal (même les membres de Darkthrone en font l’apologie), le Crust subit actuellement une véritable renaissance. Renaissance qui, outre le nombre de groupes activité susnommés, se matérialise aussi par la reformation de groupes cultes tels que Amebix ou Hellbastard. Avec de tels atouts, il est clair que le genre a encore de l’avenir devant lui.
Sous-genres/genres liés
Le Crust est comme la plupart des autres genres musicaux, il existe des courants dérivés de la racine originelle, tout comme il y a certains courants qui lui sont très liés, comme le D-Beat, car prenant leurs origines dans les même racines, ou s’étant inspirés du Crust pour se développer dans d’autres genres, comme le Grind ou le Brutal Death Metal. Cependant, contrairement par exemple au Black Metal, il existe peu de sous-genres dans le Crust, et en général ces appellations désignent souvent une période d’existence du Crust.
D-Beat
Le D-Beat n’est pas à proprement parler un sous-genre du Crustcore, il s’est développé sinon avant, au moins en même temps, mais dans des conditions un peu différentes. Cependant, il s’est, avec le temps, débarrassé de ses origines Street-Punk pour se greffer au Crust, et il n’est désormais pas rare de voir des groupes jouant du D-Beat considérer que leur musique est du Crust et inversement, beaucoup de fans ne font d’ailleurs plus vraiment de différence entre les deux genres, d’autres vont considérer le D-Beat comme un simple sous-genre du Crust. A l’origine, D-Beat désigne un rythme à l’origine typique du punk, que l’on peut entendre par exemple dans certains morceaux des Buzzcocks ou des Rude Kids, tous deux groupes de la première vague de Punk de 1977. Mais le groupe qui va vraiment déterminer le style est le désormais classique groupe anglais Discharge, dès 1980. Associant des rythmiques punk supersoniques (pour l’époque) à la lourdeur des guitares metal dans la tradition Venom/Motörhead et avec un look et une imagerie particulièrement guerrière, le groupe se pose bien vite en leader d’un Punk Hardcore lourd et sombre, à des années lumières des gentils Exploited, qui font alors office de référence. Le Crust, le Grind et le Thrash Metal se gargariseront à plus soif de cet héritage, encore aujourd’hui il n’est pas rare d’entendre des morceaux inspirés du D-Beat dans le Thrash Metal : des groupes comme Sodom, Kreator, Anthrax, Destruction, Hellhammer, Diamond Head et même Metallica (qui ira jusqu’à reprendre plusieurs morceaux de Discharge) ont tous quelque chose à voir avec la scène D-Beat. C’est également de Discharge que vient le nom du style (Dis-Beat, D-Beat), et de nombreux groupes iront même jusqu’à reprendre le logo de Discharge, et les pochettes du groupes sont régulièrement citées, reprises, voire parodiées, par des groupes tels Discard, Dischange ou encore Disfleisch. D’autres groupes anglais seront très marquants dans le style, tels les violents Chaos UK, encore en activité aujourd’hui, qui accélèrent parfois le rythme jusqu’à l’apocalypse sonore, prélude au Grind ou au Japcore. D’Angleterre, citons également Disorder, premier groupe d’« Anarcho-D-Beat », qui outre un son original et lui aussi maintes fois repris (qui était le fruit d’une admiration sans bornes de la part de John Peel) qui combinait des éléments bruitistes ou empruntés à la Oï, avait su prouver sa loyauté au mouvement Punk par l’enregistrement d’impressionnants disques référentiels. Proche des squatters et des Crusties, ils furent pendant plusieurs années les compagnons de squat de Amebix, avec qui ils partagèrent d’ailleurs certains de leurs membres. Enfin, on se souviendra également des Varukers, souvent cités après Discharge car évoluant dans l’ombre de leurs aînés, ils n’en restent pas moins une référence majeure dans le style.
Le genre s’est ensuite diffusé très largement dans plusieurs régions du monde, avec notamment : -La Suède évidemment, qui reste encore à ce jour l’une des principales régions d’attache du D-Beat, qui en fait encore aujourd’hui sa renommée dans le domaine du Punk, avec des groupes comme Anti-Cimex, Mob-47, Shitlickers, Avskum, Totalitär, Victims, Disfear ou encore Perukers. C’est d’ailleurs de là que vient le terme, puisque c’est un suédois du nom de Jan Jutila qui inventa le terme en hommage à Discharge dans les années 90, Jutila jouait notamment dans Time Square Preachers, avait son propre label Your Own Jailer et avait son propre studio D-Takt Studio. D-Takt est aujourd’hui un terme employé pour nommer le D-Beat suédois (ce n’est en fait qu’une traduction suédoise du terme). -Le Japon est lui aussi notable pour ses nombreux groupes de D-Beat, d’autant que les groupes japonais ont souvent réussis avec talents à s’approprier les codes du D-Beat originel pour l’employer à des sauces différentes, en ajoutant des particularités sonores, comme le son « fuzzé » de Disclose, ou encore les subtiles touches métalliques et une plus grande technicité chez Deathside ou Bastard. Ainsi, Deathside enregistra un jour un morceau du nom de « Burning Spirits », qui devint le nom d’une série de concerts/tournées organisées par des membres de Tetsuarrei, et le terme fini par définir le D-Beat japonais, à cause de la nature des groupes y jouant (Tetsuarei, Death Side, Judgement, Forward...), mais le terme n’est pas utilisé par les japonais (il semblerait que cette appellation soit née au USA), car ces concerts, au vu de leur importance, invitent désormais des groupes oeuvrant dans d’autres styles, comme le Punk 77, le Metal ou même le Rap. -Les USA ont eux aussi abrités un certain nombre de groupes oeuvrant dans le style, d’autant que les groupes américains ont eux subis une influence supplémentaire, avec le Hardcore violent d’un fameux groupe de Détroit, Negative Approach, aux sonorités assez similaires de Discharge, quoique nettement moins lourdes, mais bien plus sauvages. Le premier groupe probable de D-Beat américain était Diatribe, formé en 1984 à San Diego, suivi de Born Against à Los Angeles. Notons aussi Crucifix de San Francisco et Final Conflict, en provenance de Long Beach. D’aucuns pensent que le groupe de Neo-Punk Rancid flirte parfois avec le style, notamment sur leur cinquième album. -Enfin, une autre patrie notable du D-Beat n’est autre que l’Amérique du Sud, avec notamment le célèbre groupe Crust/Thrash Ratos de Porao, ou encore l’étrange Crust mutant du sauvage Besthoven, pionnier du style au Brésil.
Première alternative de rythme D-Beat à la batterie:
H:|x-x-x-x-x-x-x-x-:|| S:|--o---o---o---o-:|| K:|o---oo--o---oo--:|| 1 & 2 & 3 & 4 & S=caisse claire K=grosse caisse H=charleston
Seconde alternative d'un rythme D-Beat à la batterie D-Beat drum tab:
H:|x-x-x-x-x-x-x-x-:|| S:|--o---o---o---o-:|| K:|o--o-o--o--o-o--:|| 1 & 2 & 3 & 4 & S=caisse claire K=grosse caisse H=charleston
troisième alternative d'un rythme D-Beat à la batterie:
C:|x--x-x--x--x-x--:|| S:|--o---o---o---o-:|| K:|o--o-o--o--o-o--:|| 1 & 2 & 3 & 4 & S=caisse claire K=grosse caisse C=cymbale crash
Stenchcore
A l’origine, le stenchcore sert surtout à définir les groupes de la première vague du Crust anglais, symbolisée par des groupes comme Amebix, Antisect, Sacrilege, Hellbastard, Axegrinder et bien sur, Deviated Instinct, qui sont les inventeurs du terme. Aujourd’hui, on reconnaît clairement le Stenchcore comme un sous-genre du Crust, il se caractérise par des rythmiques lourdes et puissantes, résolument metal, à la coloration épique et sinistre. Capable d’opérer des morceaux à grande vitesse, ces groupes sont pourtant des adeptes des rythmiques mid-tempo, des guitares drone, des basses vrombissantes, et des claviers d’ambiance jouant des notes longues, voire monolithiques. La technique rudimentaire, à laquelle s’ajoutait des techniques d’enregistrement limitées de ses groupes donnait un aspect très sale et bruitiste à leur musique, auquel venaient s’ajouter des textes nihilistes, antisociaux et anarchistes, prônant la révolte totale et un retour à une vie proche de la nature, célébrant ainsi les anciennes valeurs médiévales, et généralement crachées par un chanteur hésitant souvent entre cris et grognements. L’époque médiévale est d’ailleurs régulièrement citée dans la musique, avec des passages d’arpèges à la guitare acoustique (ou à la guitare électrique, mais sans saturation), auquel viennent s’ajouter des riffs épiques et des cavalcades rythmiques, ponctuées de chœurs martiaux ou de chants à l’unissons (que l’on retrouve notamment beaucoup chez Amebix ou Axegrinder). Les visuels et artworks des enregistrements de ces groupes étaient généralement liés à ces thématiques lyriques, où l’on pouvait généralement voir d’étranges structures abandonnées côtoyer des créatures surnaturelles, des chants de batailles ou des scènes de démolition. Notons d’ailleurs à ce propos que l’ancien guitariste de Deviated Instinct, Rob Middleton, est devenu l’un des graphistes les plus en vue dans l’univers Punk/Metal extrême, en signant notamment la quasi-totalité des pochettes de Napalm Death (il l’auteur de la célèbre pochette ornant le single « Nazi Punks Fuck Off »), en plus d’être responsable de certaines pochettes de Gorefest, Knuckledust, Extreme Noise Terror ou encore Summon The Crows. Aujourd’hui, très peu de groupes se revendiquent Stenchcore, même s’il en existe tout de même certains, tel le groupe américain Hellshock.
Blackened Crust
Le Blackened Crust est un terme qui désigne les groupes expérimentant le mélange du Crust avec le Black Metal. Le terme fut trouvé par les membres du groupe canadien Iskra, qui fut ensuite repris pour désigner plusieurs groupes oeuvrant dans un style similaire, parmi eux, notons le groupe Black Krondstadt, qui était en fait le groupe qui précéda Iskra (le line-up est pratiquement le même), au son d’abord très proche de Celtic Frost en plus Crust (notamment sur les EPs « A World To Win » et « Crimes of Capital, Crimes of the State »), puis qui vira ensuite dans un registre sombre, malsain et plus rapide dans « The Free Spirit », finalement très proche du Black Metal. Notons aussi le groupe américain Catharsis, au son obscur, qui pourrait rappeler Rotting Christ ou Septic Flesh dans les arrangements de sonorités « sataniques », ou encore le groupe japonais ultra violent Ambulance, au son froid et dur. Notons aussi que le mélange est parfois à sens inverse, notamment dans le cas de Gallhammer, groupe classé dès sa sortie sous l’étiquette Black Metal, mais qui n’a cessé depuis de faire passer un héritage Crust, à la fois dans sa musique et dans les interviews, nommons également le célèbre groupe norvégien Darkthrone, qui a récemment changé de cap dans sa musique, la colorant de Punk et de Crust, genres dont Fenriz et Nocturno Culto avaient souvent déclarés être fans. Cependant, le Blackened Crust est loin de faire l’unanimité, et dans les deux scènes à la fois : les Crusties reprochent notamment au Black Metal de véhiculer des idéologies racistes, dominatrices et conformistes auxquelles ne peuvent se plier les amateurs de Crust. Paradoxalement, le monde du Black Metal rejette généralement le Crust, qu’il juge justement trop politique, et donc incompatible avec une musique qui prétend défendre la liberté individuelle. Les deux genres ont pourtant, ne serait-ce qu’idéologiquement, de nombreux points communs, comme un rapport évident avec la nature, une vision antisociale du monde, et un anti-cléricalisme très fort.
Les Crusties
Les Crusties sont les fans du Crust. Tout comme les Straight Edge par exemple, ils cumulent look, mode de vie et amour pour une musique en particulier, sous-genre du Hardcore. Cousins éloignés des Lumpen-Hippies (qui, dans les années 60, constituaient une communauté faite de prolétaires aux cheveux longs, très nombreux dans les environs de Detroit, réputés pour leur violence et leur look pouilleux, ils ne soutenaient pas des groupes « planants » comme Jefferson Airplane, il s’agissait plutôt de fervents supporters de groupes très violents pour l’époque comme MC5 ou les Stooges) et des New Age Travellers, ils tirent leur nom du « Rise of Crust » de Hellbastard. Ils illustrent deux faits : premièrement qu’ils sont fans de la musique Crust, et ensuite parce qu’ils sont réputés pour leur soi-disant mauvaise hygiène. Cela est en fait une légende (ou plutôt, c’est moins pire que ça n’aurait pu l’être), car les Crusties refusent d’utiliser des produits nettoyants fabriqués par des grandes compagnies, au profit de produits bios. Leur look se caractérise par des coiffures faites de Dreadlocks plus ou moins fines, de tresses, ou de coiffures Punk plus typiques, comme les longs pics de cheveux ou la fameuse Iroquoise, qui est ici faite de pics bordéliques, le Dreadhawk est aussi assez répandu, sorte d’Iroquoise faite de Dreadlocks tombantes. Contrairement à la plupart des punks qui conservent un visage imberbe, les Crusties se laissent régulièrement pousser la barbe (parfois très longue). Ils sont généralement vêtus d’une veste, le plus souvent en cuir (même si certains refusent de porter du vrai cuir pour affirmer leur défense des animaux), en jean, ou des vestes militaires, généralement couvertes de clous, de patches et de badges de groupes. Ils ont souvent des foulards, bandanas ou colliers divers et colifichets autour du coup. Ils portent souvent les T-shirts de leurs groupes favoris, ou des T-shirts rafistolés à la manière punk, mais il n’est pas rare d’en voir certains porter des chemises de travail ou militaires. Certains n’hésitent pas à porter certains attributs des métalleux, comme la fameuse cartouchière typique du Thrash Metal, ou des ceintures cloutées, des chaînes, etc. Ils portent généralement des pantalons noirs couverts de patches ou des pantalons militaires, souvent en piteux état, tandis que les chaussures les plus répandues restent les rangers, brodequins ou chaussures de travail, il est plus rare de voir des Doc. Martens, devenues onéreuses avec le temps, en plus d’être devenues une marque trop « reconnue », et donc conformiste. Outre cela, ils sont connus pour leur corps couvert de tatouages et de piercings en tout genre. Regroupés dans des squats où ils savent que peu de monde viendra les embêter, les Crusties ne sont pas à confondre avec les Punks à Chiens, qui hantent les rues à la recherche de quelque monnaie pouvant leur permettre d’acheter leur pitance, ne serait ce parce que la musique et la culture est différente, certains Crusties sont parfois tellement antisociaux qu’ils refusent de mendier, préférant voler leur nourriture, certains vont même jusqu’à cultiver leur propre potager non loin de leur squat. Il s’agit bien évidemment de cas extrêmes, car beaucoup d’amateurs de Crust vivent tout à fait normalement, s’habillent de manière nettement moins tape-à-l’œil, ont un travail, etc. en un mot, des gens normaux regroupés par la même musique et les mêmes idées. La plupart des crusties, tout comme les Straight Edge, suivent une certaine ligne de conduite, qui s’avère tout de même nettement moins contraignante. Les crusties ne se refusent pas à boire de l’alcool ou à prendre de la drogue, et, sachant qu’ils défendent le droit à disposer de leur corps comme ils (ou elles) l’entendent, ils ne se refusent pas au « sexe facile ». Beaucoup de crusties soutiennent la lutte animale et pour ce faire, sont végétariens ou refusent de porter du cuir. Ce n’est cependant pas une condition Sine Qua Non, car il n’existe pas de « constitution » du Crust, ni même ce qui pourrait se rapprocher des trois règles du Straight Edge. Le Crust célèbre la vie en liberté, le combat contre le capitalisme (il n’est pas rare de voir des crusties participer aux « Black Blocs »), un certain rapprochement avec la nature. Les crusties ne sont surtout pas à confondre avec les communistes car ils suivent les préceptes principaux de l’anarchisme : sans foi ni loi, ni dieu ni maître, sans parti ni patrie, c’est pourquoi ils font rarement de l’élitisme, considérant que c’est à chacun de choisir sa voie.
Les principaux labels Crust
- Profane Existence
- Dead Earth Records
- Deep Six Records
- Rodent Popscicle Records
- Tragedy Records
- Aborted Society Records
- Threat to Existence Records
- Prank Records
- Life is Abuse Records
- Moshpit Tragedy Records
- Havoc Records
- Crimes Against Humanity Records
Bibliographie
CrimethInc. Days of War Nights of Love. CrimethInc. Workers Collective. ASIN: B000TXZZR6
Glasper, Ian (2004). Burning Britain: The History of UK Punk 1980-1984. Cherry Red Books. ISBN-10: 1901447243
Glasper, Ian (2006). The Day the Country Died: A History of Anarcho Punk 1980 to 1984. Cherry Red Books. ISBN-10: 1901447707
Mudian, Albert (2000). Choosing Death: The Improbable History of Death Metal and Grindcore. Feral House. ISBN-10: 193259504X
Profane Existence (1997). Making Punk a Threat Again: Profane Existence: Best Cuts 1989-1993. Loincloth. ASIN: B000J2M8GS





